Covid-19 et numérique

Résolument moderne, la crise sanitaire liée au covid-19 l'est dans tout son contexte numérique: des simulations numériques et informatiques par les épidémioligistes (et mathématiciens, informaticiens, ...), au traitement massif de données type IA et Big data, jusqu'aux tentatives d'outillage numérique directement contre ce coronavirus comme l'aplication StopCovid.
  • Cette crise est, avant tout, une crise numérique, au sens propre du terme, c'est-à-dire un problème de nombres.
    Le problème est en effet la trop rapide "circulation naturelle" du virus. Le coefficient R0 tant commenté décrit la vitesse de ce phénomène, trop importante pour être interprétable humainement: Grossièrement, ce coefficeint désigne le nombre de personnes que peut infecter à son tout une personne infectée.
    Exercice 1
    1. Supposons R0=2, c'est-à-dire que chaque personne infectée infecte à son tour 2 personnes, disons par exemple par jour.
      Si une personne est malade un jour, il y a en donc 2 le lendemain, puis 4 le surlendemain, etc ...
      Combien y-a-t-il de personnes infectées au bout de 10 jours ? de 20 jours ? de 30 jours ?
    2. Supposons R0=3 et une seule personne infectée un jour.
      Combien y-a-t-il de personnes infectées au bout de 1 jour ? 2 jours ? de 10 jours ? de 20 jours ? de 30 jours ?
    3. Supposons R0=1,1 et une seule personne infectée un jour.
      Combien y-a-t-il de personnes infectées au bout de 1 jour ? 2 jours ? de 10 jours ? de 20 jours ? de 30 jours ?
    4. Supposons R0=0,8 et 1000 personnes infectées un jour.
      Combien y-a-t-il de personnes infectées au bout de 1 jour ? 2 jours ? de 10 jours ? de 20 jours ? de 30 jours ?
    1. Au bout de 10 jours, il y en a 210=1024,
      puis 220=1 048 576 au bout de 20 jours,
      et enfin 230=1 073 741 824 au bout de 30 jours
    2. Au bout de 1 jour, il y a 3 personnes infectées, puis 3x3=32=9 au bout de 2 jours.
      Au bout 10 jours, il y en a 310=59 049,
      puis 320=3 486 784 401 au bout de 20 jours (la moitié de la Terre),
      et enfin 330=205891132094649≃2.1014, soit environ 200 mille milliards de personnes, au bout de 30 jours
    3. Au bout de un jour il y 1,1 personne, puis 1,12=1,21 personne au bout de 2 jours,
      puis 1,110≃2,6 personnes au bout de 10 jours,
      puis 1,120≃6,7 personnes au bout de 20 jours,
      puis 1,130≃17,4 personnes au bout de 30 jours.
    4. 1000x0,8=800 personnes au bout de 1 jour, puis 1000x0,8x0,8=1000x0,82=640 au bout de 2 jours,
      puis 1000x0,810≃107 au bout de 10 jours,
      puis 1000x0,820≃11 au bout de 20 jours,
      et enfin 1000x0,830≃1,2 au bout de 30 jours.
      Si R0<1 l'épidémie cesse.


    Ce modèle est très grossier. L'épidémiologie est la science qui, justement, fourni des modèles plus élaborés et précis pour simuler et prédire ce genre de phénomène sanitaire, et ainsi donner des pistes pour influer voire contrôler son évolution.
    L'épidémiologie est une science (numérique) qui est apparu tout aussi essentielle que diverses autres spécialités médicales pour endiguer l'épidémie.

    Une croissance si rapide, qualifiée alors d'"exponentielle", se retrouve en écologie, voir par exemple Crise écologique : notre cerveau n'est pas programmé pour se la représenter !.
  • Pour lutter contre chaque crise, quiconque peut faire de multiples dons, sous différentes formes (financière certes, mais aussi physique comme de l'aide sur le terrain), et à de multiples structures.
    Un nouveau type de don est apparu pour lutter contre le coronavirus: le don de données avec Faster than corona
  • Les fake news ont aussi fleuri pendant cette crise: voici 10 fake news populaires, détaillées de leur origine à leur vérité dévoilée.
  • L'application StopCovid illustre bien les enjeux et difficultés modernes du numérique "face à l'humain".
    Les bénéfices semblent clairs, mais les inconvénients et dérives tout autant...
  • Enfin, parler de numérique sans aborder la question de l'écologie serait une grossière erreur: le numérique n'est pas magique et utilise aussi des ressources.
    On a eu vent de la diminution remarquable de la pollution atmosphérique et de la qualité de l'air pendant les périodes de confinement dans les diers pays qui l'ont pratiqué.
    Néanmoins le numérique a beaucoup pris le relai, est-ce, en termes d'écologie, un bienfait ? Lire pas exemple la chronique Le coronavirus et son empreinte numérique.
  • Enfin, pour finir, cette crise sanitaire n'est pas du tout la première, voir par exemple cette brève histoire des épidémies
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