Restitutions Organisées des connaissances (ROC)
Les incontournables à connaître
- Introduction - Que faire avec ces ROC - Pourquoi apprendre ça ?
- Suites
- Fonction exponentielle
- Intégration
- Géométrie vectorielle dans l'espace
- Produit scalaire dans l'espace
- Probabilités
Introduction - Que faire avec ces ROC - Pourquoi apprendre ça ?
Toutes ces ROC sont à connaître impérativement. Elles sont exigibles le jour du bac (et éventuellement lors d'un oral de rattrapage). Cela ne signifie pas que la connaissance de ces quelques démonstrations soit suffisante pour appréhender correctement le programme de terminale S.
Pourquoi apprendre ces démonstrations ?
Pour plusieurs raisons:- La réponse la plus "simpliste et dénuée de sens" (mathématique
mais pas que)
est qu'elles sont exigibles au bac, que chaque année, sur chaque
sujet, un exercice (ou partie) porte dessus.
Il faut donc les connaître... -
Ces démonstrations sont à travailler et à être connues car elles
contiennent des éléments clés sur le programme de terminale.
C'est en se frottant à celles-ci que l'on peut savoir si on maîtrise effectivement les connaissances mathématiques requises, pour la démonstration en question certes, mais aussi pour aborder d'autres types d'exercices, de problèmes, ... -
Utiliser et appliquer une propriété ou un théorème demande de
connaître un ensemble d'hypothèses à vérifier
(qui consituent d'une certaine façon son domaine d'application ou
de validité).
C'est en travaillant et comprenant sa démonstration que l'on peut comprendre clairement l'utilité de chacune de ses hypothèses, pourquoi elles sont nécessaires, pourquoi la propriété devient fausse si on en oublie une, ... -
Souvent, quand on ne sait pas résoudre un problème, répondre à une
question, c'est parce que "on ne sait pas comment commencer",
"on n'a pas d'idée"...
Les démonstrations contiennent justement ces idées. Cette question me fait penser à tel théorème ou telle propriété ? Alors j'ai une idée pour l'attaquer: celle contenue dans sa démonstration.
Pour cette raison, entre autre, il est donc conseillé d'apprendre non pas chaque démonstration par coeur, mais d'essayer de prendre du recul, et de retenir surtout l'idée principale (de la même façon qu'on n'apprend pas par cœur une œuvre complète d'un écrivain ou d'un philosophe, mot à mot, mais qu'on se concentre plus sur la synthèse de son, ou ses, idées directrices).
En générale, au niveau terminale S, une démonstration = une idée, le reste de la démonstration étant constitué de calculs ou d'application d'autres résultats connus. -
Enfin, sans sa démonstration, une propriété se réduit à une simple
recette de cuisine.
On peut encore l'utiliser, l'appliquer, mais au prix fort:
il faut être exactement dans le cadre imposé par la recette,
une hypothèse non satisfaite, un élément manquant et celle-ci
doit-être purement et simplement abondonnée.
En connaissant la démonstration, son mécanisme, même si la propriété n'est pas directement utilisable, on a une chance de pouvoir néanmoins l'adapter au cas précis que l'on a sous les yeux. Les conclusions ne seront certainement pas les mêmes, mais peut-être peuvent-elles alors suffire pour résoudre le problème.
Suites
Propriété
Si

- à partir d'un certain rang,
,
-
alors,

Démonstration:
Comme , tout intervalle
,
, contient tous les
à partir d'un rang
.
C'est-à-dire que, dès que
, on a
.
Or, à partir d'un certain rang, que l'on peut noter
,
.
Ainsi, si on note
le plus grand des rangs
et
,
on a, pour tout rang
,
.
En d'autres termes, tout intervalle
contient tous les
à partir du rang
,
ce qui est la définition de
.
Propriété
Si une suite est croissante et converge vers un réel

Démonstration: Raisonnement par l'absurde:
Supposons qu'il existe un rang
pour lequel
.
Alors, il existe un réel
tel que
.
Comme
est croissante, pour tout
,
on a alors
.
D'autre part, comme
converge vers
, tout intervalle
ouvert du type
,
,
contient tous les termes
à partir d'un certain rang.
Comme cela est vrai pour tout réel
, on peut choisir par
exemple
, et il existe donc un rang
à partir
duquel tous les termes
sont dans l'intervalle
.
En particulier, dès que
, on a
.
Si maintenant
désigne le plus grand des rangs
et
,
on doit avoir, dès que
(c'est-à-dire, dès que
et
),
et
,
ce qui est impossible.
Ainsi, l'hypothèse de départ:
«il existe un rang
pour lequel
»est fausse,
et donc pour tout rang
,
.
Propriété
Si

Démonstration:
, alors il existe un réel
tel que
.
Alors
.
Démontrons par récurrence que, pour tout entier naturel
,
.
Initialisation:
Pour
,
et d'autre part
, et on a donc bien ainsi
.
Hérédité:
Supoposons que pour un certain entier
, on ait
.
Alors, au rang
,
,
or, d'après l'hypothèse de récurrence,
,
et ainsi,
.
De plus, pour tout entier
,
,
et donc,
.
Ainsi,
,
ce qui montre que la propriété est encore vraie au rang
.
Conclusion: D'après le principe de récurrence, on a donc
démontré que, pour tout entier
,
.
On a donc, pour tout entier
,
.
Or, comme
, on a
,
et alors, d'après le théorème de comparaison
(corollaire du théorème des gendarmes),
.
Propriété
Toute suite croissante non majorée tend vers
Démonstration:
Soit
une suite croissante et non majorée.
Alors, comme
n'est pas majorée,
pour tout réel
, il existe un rang
tel que
.
De plus,
est croissante, et donc,
pour tout rang
, on a
.
Ceci étant vrai pour tout réel
, cela signifie exactement que
tout intervalle ouvert
contient tous les termes
à partir d'un certain rang
, et donc que
.
Fonction exponentielle
Propriété
Il existe une unique fonction



Démonstration:
L'existence d'une telle fonction est admise,
conformément au programme.
Unicité:
Soit
et
deux fonctions telles que
et
,
et
.
La fonction
ne s'annule pas sur
.
En effet, si on définit la fonction
par
,
alors
est dérivable sur
avec
,
or
, et donc,
.
Ainsi,
est constante,
or
, et donc,
pour tout réel
,
.
En particulier, il ne peut exister de réel
tel que
(car on aurait alors
).
On peut alors définir la fonction
, qui est bien définie et dérivable sur
car
ne s'annule pas.
De plus,



Ainsi,





On a donc
: il n'exsite qu'une unique fonction
vérifiant
et
.
Propriété


Démonstration:
On démontre pour cela que, pour tout réel
,
.
Soit la fonction
définie sur
par
.
Alors,
est dérivable sur
avec
,
et
, car la fonction exponentielle est strictement croissantee sur
.
- De même,
, car la fonction exponentielle est strictement croissantee sur
.
On peut ainsi dresser le tableau de variation de
:

On en déduit que
est le minimum global de
sur
, et donc
que, pour tout réel
,
.
En particulier, pour tout réel
,
.
Comme
, on a donc, d'après le
théorème de comparaison (corollaire du théorème des gendarmes),
.
Pour la limite de la fonction exponentielle en
, on utilise
alors le fait que, pour tout réel
,
.
Ainsi, si on pose
, on a:
.
Intégration
Propriété
Soit
![$[a;b]$](/Lycee/TS/ROC/ROC/img96.png)
La fonction
définie sur
par
est dérivable sur
et a pour
dérivée
.
Démonstration:
On démontre cette propriété dans le cas où
est une fonction
continue, positive et croissante sur
(conformément au programme, le cas général étant admis).
Soit
un réel de
et
tel que
.
On a, d'après la relation de Chasles pour les intégrales:

étant croissante sur
, on a l'encadrement:

soit,

ou encore, en divisant par


soit encore, puisque


En procédant de même pour
, on obtient que
.
Comme
est continue sur
, donc en particulier en
,
on a
, et donc,
d'après le théorème des gendarmes,
.
est donc dérivable en
, avec
.
Ceci étant vrai pour tout
, on en déduit que
est dérivable sur
et que
.
Propriété
Toute fonction continue sur un intervalle

Démonstration:
On se place dans le cas où
et
admet un minimum
sur
.
La fonction
définie sur
par
est donc continue
et positive sur
.
Elle admet donc une primitive
sur
(donnée par
.)
La fonction
définie par
et alors une primitive de
car,

ce qui montre que



Géométrie vectorielle dans l'espace
Le théorème dit du "toit" permet de démontrer que des droites dans l'espace sont parallèles ou concourantes en un point.
Propriété
Théorème «du toit») Si trois plans


Démonstration:
On note
la droite intersection des plans
et
,
la droite intersection des plans
et
, et
la droite intersection des plans
et
.
Considérons, par exemple, dans un premier temps, les droites
et
.
Comme ces deux droites sont coplanaires (elles appartiennent au même plan
),
seulement deux cas sont possibles: les droites
et
sont sécantes ou bien elles sont parallèles
(si ces deux droites n'étaient pas coplanaires, elles pourraient aussi n'être ni sécantes, ni parallèles).
- 1
Cas:
- Supposons
et
sécantes.
Soit
le point d'intersection des deux droites
et
.
On a alors,
, donc
, car
, et de même,
, donc
, car
.
Ainsi,
est un point commun aux plans
et
, soit
.
Par conséquent,
appartient aussi à la droite
qui est l'intersection des plans
et
.
On en conclut donc que le point
appartient à la fois aux trois droites
,
et
, et donc que ces trois droites sont bien concourantes en
.
- 2
Cas:
- Supposons
et
parallèles.
Raisonnons par l'absurde et supposons que les droites
et
sont sécantes en un point
.
On aurait alors,
, donc
, et de même,
, donc
.
Ainsi,
appartiendrait à la fois aux plans
et
, et donc à la droite
, intersections de
et
.
Le point appartiendrait alors aux droites
et
, ce qui contredit notre hypothèse:
et
sont parallèles.
Les droites
et
ne peuvent donc pas être sécantes et, comme elles appartiennent au même plan
, elles sont donc parallèles.
Par conséquent, on en conclut que les trois droites,
et
sont parallèles.

Produit scalaire dans l'espace
L'espace est muni d'un repère orthonormé.
Propriété
- (1)
- Un plan de l'espace de vecteur normal
a une équation cartésienne de la forme
.
- (2)
- Réciproquement,
,
,
et
étant quatre nombres,
,
et
étant non tous nuls, l'ensemble des points
tels que
est un plan de vecteur normal
.
Démonstration:
(1) Un point
appartient au plan
passant par
si, et seulement,
,
où on a posé
.
(2) Soit
l'ensemble des points
tels que
.
Les réels
,
et
étant non tous nuls, on peut supposer que,
par exemple,
.
Alors, le point
est un point de
l'ensemble
, car
.
On a de plus alors,

avec le vecteur

Ainsi,
est le plan passant par
et de vecteur
normal
.
Propriété
Une droite

Démonstration:
Condition nécessaire.
Si la droite
est orthogonale à toute droite du plan
alors elle l'est en particulier à deux droites
quelconques du plan
(sécantes ou non d'ailleurs).
Condition suffisante.
Supposons, réciproquement, que la droite
soit
orthogonale à deux droites sécantes
et
du plan
.
On considère alors une droite
quelconque du plan
.
Soit
,
,
et
des vecteurs
directeurs respectifs des droites
,
,
et
.
Le couple
dirige le plan
,
et donc, il existe deux réels
et
tels que
.
De plus, comme
est orthogonale à
et
, on a
,
et alors

ce qui montre la droite



Probabilités
Conditionnement, indépendance
Propriété
Si deux événements



Démonstration:
Soit
et
deux événements indépendants.
et
forment une partition de
, et
donc,
,
soit
.
Or,
et
étant indépendants,
on a
,
et donc,

ce qui montre que les événements



Probabilités continues
Propriété
L'espérance d'une variable aléatoire


Démonstration:
Soit
une variable aléatoire suivant la loi exponentielle de
paramètre
,
alors la densité de probabilité de
est
la fonction définie sur
par
.
L'espérance de
est alors

Pour calculer cette intégrale, on peut chercher une primitive de




On a alors,
.
Ainsi,
est une primitive de
si, et seulement si,
.
Donc, pour tout
,
est une primitive de
,
et alors

or,




Ainsi, au final,
.
Propriété
Soit

![$\alpha\in]0;1[$](/Lycee/TS/ROC/ROC/img207.png)


Démonstration:
Par symétrie de la densité de probabilité
de la loi normale
centrée réduite,
on a

où



est continue (et même dérivable) et croissante sur
car
et
.
De plus,
: il s'agit de l'aire
sous la courbe de
qui est symétrique par rapport à l'axe des
ordonnées et dont l'aire totale (de
à
) vaut
.
On a donc le tableau de variation de la fonction
:

Comme pour tout nombre
, le nombre
,
d'après le théorème des valeurs intermédiaires,
il existe un unique
tel que
,
c'est-à-dire tel que
.
Intervalle de fluctuation
Propriété
Soit

![$ \alpha\in]0;1[$](/Lycee/TS/ROC/ROC/img207.png)

où

![$\displaystyle \left[
p-u_\alpha\frac{\sqrt{p(1-p)}}{\sqrt{n}}\,;\,
p+u_\alpha\frac{\sqrt{p(1-p)}}{\sqrt{n}}
\right]$](/Lycee/TS/ROC/ROC/img222.png)
avec




L'intervalle


Démonstration:
Si
suit la loi binomiale
,
alors d'après le théorème de Moivre-Laplace,
pour
assez grand,
suit approximativement la loi normale
,
et donc, la variable aléatoire
suit
approximativement la loi normale
,
soit la loi normale
,
avec
.
On cherche alors
tel que

En ramenant la variable



La variable aléatoire
suit
une loi normale centrée réduite
, et on sait donc
qu'il existe un unique nombre
tel que

Le théorème est donc vérifié pour
,
soit
, et on a
donc, pour
assez grand,


Estimation
Propriété
On considère la variable aléatoire




Alors, pour
assez grand, l'intervalle
![$\displaystyle I_n=\left[f'-\dfrac{1}{\sqrt{n}}\,;\,f'+\dfrac{1}{\sqrt{n}}\right]\,.$](/Lycee/TS/ROC/ROC/img241.png)
contient la fréquence

L'intervalle
s'appelle l'intervalle au niveau de confiance de 95%.
Démonstration:
La fréquence
du caractère dans l'échantillon est une valeur
prise par la variable aléatoire
.
Elle est ou n'est pas dans l'intervalle
,
mais on sait que 95% des fréquences des échantillons sont dans cet
intervalle.
De plus,
![\begin{displaymath}\begin{array}{ll}
f\in \left[f'-\dfrac{1}{\sqrt{n}}\,;\,f'+\...
...\sqrt{n}}\leqslant f
\end{array}\right.\\ [0.3cm]
\end{array}\end{displaymath}](/Lycee/TS/ROC/ROC/img245.png)
Et on a donc,
![$\displaystyle f'\in \left[f-\dfrac{1}{\sqrt{n}}\,;\,f+\dfrac{1}{\sqrt{n}}\right]
\iff
f\in \left[f'-\dfrac{1}{\sqrt{n}}\,;\,f'+\dfrac{1}{\sqrt{n}}\right]
$](/Lycee/TS/ROC/ROC/img246.png)
Ainsi,
sera dans 95% des intervalles du type
.